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Cas d’intoxication au poisson:

Une femme âgée de 65 ans, connue diabétique et hypertendue, fut admise le 7 Janvier 2008 pour troubles neurologiques diffus.
Son histoire remontait à 3 heures avant son admission, quand en préparant un repas de poissons que son fils et son mari avaient pêché d’Amchit, elle fut tenté par le foie d’un gros poisson de la famille des tétraodons. Elle le fit frire et dégusta une partie en jetant le reste puisqu’elle soupçonnait qu’il pourrait nuire à sa famille. Trois heures après l’ingestion, elle commença à sentir une paresthésie péribuccale, suivie d’une faiblesse au cou, puis d’une faiblesse du tronc, de nausées et de deux épisodes de vomissements une heure trente minutes plus tard. Vu l’aggravation et la sévérité des symptômes, sa famille l’emporta aux urgences de l’hôpital Notre Dame de Secours ou elle commençait déjà à sentir une faiblesse musculaire proximale des deux bras, une aggravation de la faiblesse du cou et du tronc, suivi un quart d’heure plus tard d’une faiblesse des deux membres inférieurs, d’une dysphonie (difficulté à parler et à émettre des sons), d’une dysarthrie (trouble de l'articulation de la parole), et puis d’une ophtalmoplégie (paralysie des muscles de l'œil). Elle fut alors admise aux Soins-Intensifs, fut intubée et ventilée mécaniquement à cause de la détérioration neurologique sévère et rapide avant même la survenue d’un arrêt respiratoire qu’on expectait aller suivre. Elle nécessita 3 jours de ventilation assistée puis récupéra progressivement toutes ses fonctions neurologiques sans séquelles.
Cette patiente fut diagnostiquée avoir une intoxication alimentaire et précisément par une neurotoxine de poisson.
Le tétrodotoxisme ou fugu est une ichtyosarcotoxisme, c'est-à-dire une intoxication due à la consommation de poissons, et plus précisément de tétrodons, poissons de la famille tetraodontidés.
La famille des tétraodons comprend différentes appellations comme le poisson globe, le poisson lune, le diodon ou poisson porc-épic, le poisson baudruche, le tétraodon ou poisson boule et le tetraodontidae ou poisson ballon. On retrouve ces poissons surtout à Hong Kong, au Japon et en Océanie.

Le tétrodotoxisme est due à l'ingestion de tétrodotoxine (TTX), qui est une neurotoxine (toxine agissant sur le système nerveux), découverte en 1909 et qui est présente essentiellement dans les ovaires et le foie des tétrodons, bien que de plus petites quantités existent dans les viscères et la peau, dans le tissu de muscle et dans son sang.

La tétrodotoxine est environ 1,200 fois plus mortelle que le cyanure. Il est estimé qu’un tétrodon a assez de poison pour tuer 30 êtres humains adultes.
Les premiers symptômes de l'intoxication surviennent dans les 3 heures suivant l'ingestion de la toxine. L'évolution se fait en différentes phases de gravité croissante:
1- paresthésies au niveau de la bouche et des extrémités, accompagnées de signes digestifs comme des nausées, plus rarement des vomissements ou une diarrhée ;
2- incoordination motrice, altération de la motricité sous forme d'une paralysie incomplète de la musculature squelettique ;
3- troubles de la déglutition, de la phonation et mydriase bilatérale, paralysie généralisée avec des troubles respiratoires ;
4- paralysie respiratoire (due à la paralysie du diaphragme) avec maintien de la conscience, hypotension et bradycardie, voire collapsus et coma. Décès possible, le plus souvent par asphyxie.

Le fugu est un mets traditionnel particulièrement apprécié, et particulièrement cher au Japon. Au Japon, la préparation du fugu est un véritable art et nécessite depuis 1958 une formation sanctionnée par un diplôme d’État et délivré par le ministère de la santé. Tout l'art du chef consiste à réaliser une découpe parfaite du poisson. En effet en cas d'erreur, les neurotoxines contenues dans les viscères sont libérées et empoisonnent la chair. Les organes contenant les toxines mortelles sont interdits à la consommation et à leur préparation depuis 1983. 50 % des intoxications sont dues à l’ingestion du foie, 43 % à l’ingestion des ovaires et 7 % à l’ingestion de la peau.

Les décès résultent d’une suffocation comme les muscles du diaphragme sont paralysés. Les patients qui vivent plus que 24 heures normalement survivent, bien que le poison puisse provoquer des comas durant plusieurs jours. Beaucoup de personnes signalent être complètement conscients pendant la période de coma et peuvent souvent se souvenir de tout ce que l'on a dit pendant qu'ils étaient inconscients.

Le traitement est un traitement de support: un maintien des voies aériennes est essentiel, une hydratation, une décontamination intestinale avec lavage gastrique ou l’administration de charbon activé. Certains suggèrent des anticholinesterases comme edrophonium qui peuvent être efficaces.

Dr Madonna Matar

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2ème Journée Nationale de Stérilisation :

   Suite au succès de la 1ère Journée Nationale de Stérilisation, l’Unité de Formation Continue – Soins Infirmiers en collaboration avec le service de stérilisation du CHU – NDS organise la 2ème Journée Nationale de Stérilisation qui se tiendra le vendredi 10 février 2012, à l’amphithéâtre du CHU à Jbeil.

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